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Nommée le 1er mars 2022 au Conseil constitutionnel sur proposition du président de la République, Emmanuel Macron, Jacqueline Gourault a pris ses fonctions le 8 mars de la même année. Femme politique française centriste proche de François Bayrou, elle fit sa carrière au sein de l’UDF puis du MoDem. Un parcours marqué par son mandat de sénateur du Loir-et-Cher (2001-2017) et l’accès au ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités locales (2018-2022). Proche d’Emmanuel Macron, fait l’objet de vives critiques pour ses maladresses lors de représentations publiques.
Jacqueline Gourault est née le 20 novembre 1950, entre Perche et Beauce à Montoire (Loir-et-Cher). Fille de marchands de bestiaux reconvertis dans l’élevage des chevaux de course, Jacqueline Germaine Marthe, née Doliveux, grandit à Montoire et épouse en 1971 Gérard Gourault. Ils s’installent à La Chaussée-Saint-Victor où ils élèvent leurs deux enfants : Emmanuel et Anne. Jacqueline Gourault est aujourd’hui grand-mère de trois petits-enfants.
Après un début de scolarité à Montoire-sur-le-Loir, elle intègre le lycée de Vendôme. Après son baccalauréat, elle obtient une licence d’histoire à la Faculté de Tours puis le CAPES d’histoire-géographie.
Fraîchement diplômée, elle débute au Lycée Sainte-Marie (Blois) en tant que professeure d’histoire géographie. Elle y enseigne pendant 25 ans, de 1973 à 1997 avant de se consacrer pleinement à la politique dont elle a très tôt intégré l’écosystème local.
Si enfant, elle dit avoir été révoltée « quand les Pieds-Noirs sont rentrés » et que des gens installaient « la grand-mère ou le vieil oncle dans leur résidence secondaire pour ne pas les céder aux nouveaux venus »69, c’est le hasard d’une rencontre qui lui fait poser un premier pied dans le monde politique. En 1974, la belle-sœur de Valéry Giscard d’Estaing, une connaissance liée au milieu équestre, lui indique qu’ils recherchent quelqu’un pour assurer la campagne de VGE à Blois. Jacqueline Gourault prête alors main forte à Hubert Bretheau, en charge d’y superviser la campagne. Sept ans plus tard, lors des législatives, elle ira soutenir le centriste Jacques Blot, ancien président des jeunes MRP et jeunes démocrates chrétiens européens.
C’est la rencontre de François Bayrou qui lui met définitivement le pied à l’étrier de la politique. Il sillonne alors la France à la recherche de talents à propulser. Jacqueline Gourault sera l’un d’eux. Elle fait la connaissance du jeune secrétaire national du Centre des démocrates sociaux (CDS), à l’hôtel restaurant blésois La Gerbe d’Or. En 1983 elle est élue conseiller municipal à La-Chaussée-Saint-Victor ; elle en sera élue maire de 1989 à 2014.
Du local au national. C’est en 1993 qu’elle s’offre une notoriété nationale en affrontant Jack Lang aux législatives et réussissant à faire invalider son élection par le Conseil constitutionnel ; elle l’affrontera de nouveau en 1994 et 1997. En 2001, après des candidatures infructueuses à la députation, elle devient sénateur, élue dans le Loir-et-Cher, sous l’étiquette UDF ; réélue, elle devient vice-président du Sénat en 2014. En 2017, c’est sous l’étiquette MoDem qu’elle est réélue, mais renonce à son mandat pour ses nouvelles fonctions auprès du ministère de l’intérieur. À la faveur du remaniement de juin 2017 et alors que François Bayrou a pris congé pour se consacrer à sa défense dans l’affaire des emplois présumés fictifs du MoDem, Jacqueline Gourault devient la caution de son mouvement au sein de l’exécutif ; elle se voit offrir une place au sein du gouvernement d’Édouard Philippe.
De la place Beauvau au Conseil constitutionnel. Ministre sans « périmètre réservé » et sans portefeuille, auprès du ministre de l’intérieur Gérard Collomb son poste a pu sembler avoir des contours flous. Matignon la décrivait comme un « agent traitant auprès des élus ». En pratique, laissant les sujets régaliens (sécurité, lutte contre le terrorisme) à Gérard Collomb, Jacqueline Gourault fut chargée des problématiques touchant les collectivités, de la gestion de la colère des maires de France à celle des nationalistes corses. Après un peu plus d’un an à Matignon, elle est promue ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales au sein du gouvernement Jean Castex. Elle occupera ce poste pendant 4 ans avant d’être nommée au Conseil constitutionnel par Emmanuel Macron. Loin de faire l’unanimité, notamment du fait de son absence de toute connaissance du droit, sa nomination est néanmoins validée par le Parlement le 23 février 2022 par 41 voix pour, 31 voix contre et 4 abstentions. C’est au Sénat, dont elle était élue, qu’elle suscite la moins grande adhésion avec 12 voix pour et 16 voix contre. Le 8 mars, elle prête serment et met fin à ses fonctions de ministre et de vice-présidente du Mouvement Démocrate.
L’ordonnance du 7 novembre 1958, modifié par la loi organique du 11 octobre 2013 prévoit une indemnité mensuelle des membres du Conseil « égale aux traitements afférents aux deux catégories supérieures des emplois de l’État classés hors échelle ». D’après une enquête de l’Observatoire de l’éthique publique, citée dans un rapport parlementaire déposé par l’ancienne députée socialiste Cécile Untermaier en février 2021, la rémunération des membres du Conseil constitutionnel s’élève à environ 15 000 € bruts par mois cumulables avec leur pension de retraite.
Jacqueline Gourault n’a pas réalisé de publications académiques ou littéraires ; sénateur, elle a déposé des propositions de loi et produit quelques rapports parlementaires.
De la même manière, Jacqueline Gourault n’est pas réputée pour ses interventions et conférences. Elle effectue le service minimum en la matière.
Jacqueline Gourault possède les convictions politiques du marais politique dans lequel elle a toujours grenouillé ; pas trop à gauche et encore moins vraiment de droite. Ancienne cadre du MoDem, sa proximité avec les convictions politiques de François Bayrou sont de notoriété publique. Comme lui, elle est favorable à l’impôt universel ; chrétienne-démocrate, elle s’était opposée à la loi de 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe et avait laissé un flottement lorsqu’elle avait été interrogée sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes. Grande amie de l’ordre, elle indiquait lors du vote de la loi anticasseurs que « l’ordre n’est pas une valeur de droite ou de gauche, c’est une valeur républicaine » et justifie l’usage des LBD par les policiers sur les gilets jaunes. Elle salue le grand débat comme un évènement ayant permis au président de la République et aux Français de « se retrouver » ; elle assure encore n’être pas « choquée » par le fait de mettre un drapeau français dans toutes les classes.
« Je suis convaincue que le droit européen doit être respecté et qu’il devient notre droit à tous ».
À propos des détenus du FLNC et évoquant leur rapprochement : ce sont des « prisonniers politiques » corses ; il s’ensuit une polémique et elle précise qu’ils sont bien des détenus de droit commun et qu’elle ne reprenait pas cette qualification ; France Inter, juil. 2018.
« Obliger un ministre à répondre ? Ce sont des méthodes autoritaires qui ne sont pas acceptables en démocratie. Qu’est-ce que c’est que ces méthodes ? », Public Sénat, 19 avr. 2018, alors qu’elle est interrogée par les députés LR accusant le gouvernement de vouloir régulariser 40.000 demandeurs d’asile.
À propos de François Bayrou « Je ne suis pas du tout une inconditionnelle. On a évolué l’un et l’autre mais ce qu’il dit correspond exactement à ce que je pense, c’est comme ça », Nouvel Obs, 22 juin 2017.
À propos de l’affaire des emplois présumés fictifs du MoDem « Tous les partis le faisaient ! Et maintenant, on reproche à certains députés [LREM] d’employer les enfants des autres. Il y avait sans doute trop de compromissions avant. Mais là…», France Inter, 3 mars 2019.
« En réalité le travail du juge constitutionnel c’est de juger en droit. Il est clair qu’on ne peut pas prendre notre décision en fonction des circonstances, en fonction des réactions de la population… Nous sommes ici pour vérifier que les textes sont conformes à la constitution », France Inter, 3 juin 2023.
« Notre mission nous l’assumons avec la plus grande impartialité et en conscience », France Inter, 3 juin 2023.
À propos des opposants au Pass sanitaire : « C’est scandaleux ! », Public Sénat, 15 juil. 2021.
« C’est une figure de consensus respectée, capable de dialoguer avec tous. Elle a fait autorité aussi sur la connaissance de nos territoires et de notre droit », Gabriel Attal, 15 fév. 2022.
« Politique et rien que politique, Jacqueline Gourault n’a reçu à aucun moment de son parcours la moindre formation juridique », Patrick Wachsmann, professeur de droit, 23 fév. 2022.
« Une des chances de ma vie », « Jacqueline, elle me rassure », « Elle a l’intelligence, le charme, le dynamisme, l’esprit d’entreprendre nécessaires pour faire de la politique », François Bayrou.
« François Bayrou a un bras droit : Marielle de Sarnez ; et un bras gauche : Jacqueline Gourault », Marie-Noëlle Goujon-Mendy, une amie d’enfance.
« C’est un pilier de l’UDF puis du Modem depuis plus de trente ans. Pour François Bayrou, elle est importante politiquement et humainement, ils s’appellent tous les jours. Elle a accompagné les carrières de beaucoup de monde au sein du mouvement », Marc Fesneau, président du groupe Modem à l’Assemblée nationale, ancien assistant de Mme Gourault.
Depuis son entrée au Conseil constitutionnel en 2022, Jacques Gourault a dû se retirer de la vie politique active. Toutefois, elle demeure une très proche de François Bayrou. Dans le Loir-et-Cher, elle a structuré autour d’elle un réseau solide : Marc Fesneau, considéré comme son « fils spirituel », Stéphane Baudu ou encore Nicolas Perruchot, qu’elle a contribué à lancer et avec qui elle continue de travailler. Son cercle plus intime inclut son mari et Marie-Hélène Millet, ancienne assistante de Léon Zitrone et amie de longue date.
Sources
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/cion_fin/l16b1745-tiii-a35_rapport-fond
https://www.conseil-constitutionnel.fr/membres/jacqueline-gourault
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000752127
https://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20220221/lois.html