Le droit
Cette décision s’avère problématique tant sur le refus de la Cour de cassation de faire appel aux juridictions militaires mais aussi sur le tribunal qui devra statuer sur l’affaire.
Les marins seront donc jugés par la JUNALCO. Or l’existence de tribunaux militaires est justifiée par la particularité de leur statut et de leur mission. Cette complexité est difficilement appréhendable par des magistrats dont l’expérience sous les drapeaux se limitent à leur année de conscription, s’ils l’ont connue !
Certes, un raisonnement inverse pourrait être tenue : de nombreux justiciables sont jugés par des magistrats qui ne connaissent pas leur domaine. Le médecin qui commet une erreur médicale ne sera pas jugé par le corps médical.
Mais là encore, la décision de la Cour de cassation est surprenante. Par des méandres procéduraux, la Cour de cassation a sciemment renvoyé l’affaire devant la JUNALCO. Créée en 2019 au sein du Tribunal judiciaire de Paris, cette juridiction est spécialisée, selon les mots du ministère de la Justice, dans les « affaires de grande complexité », qui revêtent « une envergure nationale ou internationale », notamment dans les affaires de proxénétisme, de trafic d’êtres humains ou encore d’escroqueries particulièrement complexes.
Grâce à la décision du 4 novembre 2024, des magistrats particulièrement chevronnés sur ces problématiques devront statuer sur une procédure de non-assistance à personne en danger contre des marins. Ainsi aux côtés des plus grands trafiquants de drogues, des proxénètes les plus recherchés par les services de police ou encore des plus grands dealers du pays, cinq citoyens au service de leurs pays seront soumis à l’œil vigilant de la justice.