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Secrétaire générale du Conseil constitutionnel de mars 2025 à mars 2026, Aurélie Bretonneau a incarné pendant un an la combinaison parfaite de la Haute administration et de la modernité politique contemporaine. Ayant suivi un excellent cursus scolaire, elle s’est montrée discrète dans l’espace public, grimpant au sein de la hiérarchie du Conseil d’État qu’elle a rejoint à la sortie de l’ENA. Sa discrétion n’a été publiquement prise à défaut qu’à une seule reprise, lorsqu’elle s’est déclarée fière de la décision Herrou du Conseil constitutionnel donnant une valeur juridique au concept de fraternité afin de déclarer contraire à la Constitution le délit d’aide à l’entrée et au séjour de clandestins en France.
Cette sortie, à elle seule, en dit long sur son orientation politique et ses valeurs personnelles, ainsi que sur la ligne qu’elle a défendue au sein du Conseil avant d’en être brutalement écartée par Richard Ferrand lui-même. En effet, dans un courriel envoyé en interne lundi 23 mars, Aurélie Bretonneau indique : “Le président Ferrand m’a annoncé avoir proposé au président de la République de mettre fin à mes fonctions en raison de divergences de vues sur la conduite de l’institution.”
Aurélie Bretonneau est née le 15 février 1981 et a vécu dans l’Ouest parisien.
Aurélie Bretonneau n’est pas une juriste de formation, mais c’est assurément une bête à concours. Après une scolarité secondaire au sein de l’ensemble scolaire privé sous contrat Notre-Dame « Les Oiseaux » (1990-1997) à Verneuil-sur-Seine, elle suit une classe préparatoire. Elle entre en 2000 à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm dont elle complète le diplôme par un DEA (Master II) d’histoire en 2003 ; elle est également diplômée de Sciences Po Paris en 2005. Elle intègre alors l’ENA dont elle sort en 2007 au sein de la promotion « République ». Elle y côtoiera notamment Thomas Cazenave (ministre chargé des Comptes publics au sein des cabinets Borne et Attal, de 2023 à 2024).
Aurélie Bretonneau rejoint le Conseil d’État à sa sortie de l’ENA. Elle a, jusqu’à ce jour, effectué toute sa carrière entre les cabinets ministériels et le Palais-royal. Passant de la section du contentieux (2007-2010) à celle de l’intérieur (2010-2011), elle est ensuite responsable du Centre de recherches du Conseil d’État (2011-2014). Elle devient alors rapporteur public à la section du contentieux. Ses fonctions prennent ensuite une coloration bien plus politique.
Elle devient rapporteur adjoint auprès du Conseil constitutionnel (2017-2019), chargée de préparer les décisions de l’Institution sous l’autorité du Secrétaire général du Conseil constitutionnel, Jean Maïa, qu’elle remplacera en 2025. Elle devient alors directrice des affaires juridiques des ministères de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (2019-2021). Après cela elle devient en 2022, directrice-adjoint du Secrétariat général du gouvernement (SGG), notamment chargée de la direction des services du Premier ministre. Cette même année 2022, elle est nommée conseillère d’État.
Le 26 mars 2025 elle est nommée secrétaire générale du Conseil constitutionnel, à la demande de Richard Ferrand. Au-delà de son simple rôle de direction des services administratifs du Conseil, chargé de prendre les mesures nécessaires à la préparation et à l’organisation des travaux du Conseil, le secrétaire général du Conseil est l’homme-clé des travaux de l’institution. C’est lui qui assiste le rapporteur et le conseille sur les sujets les plus sensibles. Il assiste au délibéré du Conseil et en effectue le plus souvent le commentaire sur le site du Conseil. Son rôle est crucial compte-tenu de l’indigence des compétences juridiques réelles de la majorité des membres du Conseil constitutionnel.
Elle a également été secrétaire générale du Conseil supérieur de l’Agence France Presse.
Au départ, comme membre du Conseil d’État, son traitement relève de la grille indiciaire de la fonction publique ; et le traitement des Conseillers d’État correspond à un brut mensuel pouvant aller de 8 000 à 10 000 €. En tant que secrétaire général du Conseil constitutionnel, il existe une certaine opacité, mais le traitement correspond à une somme s’échelonnant entre 9 500 et 11 000 € mensuel brut ; hors primes et indemnités.
Chevalier de l’Ordre national du mérite depuis 2021.
Elle a participé à de nombreux colloques et fut fréquemment conférencière ou invitée à donner des conférences.
Aurélie Bretonneau a été responsable du Centre de recherches du Conseil d’État, ce qui lui a valu d’effectuer la mise en perspective et l’explication de la jurisprudence du Conseil, notamment au sein de l’AJDA (Actualité juridique – Droit administratif). De la même manière, les conclusions qu’elle a pu rendre en tant que rapporteur public ont souvent fait l’objet de publications ; au-delà du droit, les solutions qu’elle y propose tracent également un portrait de ses orientations.
Aurélie Bretonneau se montre particulièrement discrète quant à ses orientations politiques. Pour autant, elle les a clairement laissé transparaître le 6 juillet 2018, lorsque s’éloignant de son devoir de réserve, elle a expliqué combien elle se sentait fière, « proud » en anglais dans le texte, de la décision Herrou du Conseil déclarant contraire à la Constitution le délit d’aide à l’entrée et au séjour de clandestins en France. Il est à noter qu’elle exerçait, à la date de cette décision, les fonctions de rapporteur adjoint auprès du Conseil… Avait-elle participé à la préparation de cette décision ; on ne peut que s’interroger et le supposer.
À propos de la décision du Conseil constitutionnel déclarant contraire à la Constitution le délit d’aide à l’entrée et au séjour de clandestins en France : « Proud » ; X-Twitter 6 juil. 2018.
En tant que rapporteur public, elle s’est déclarée favorable à l’exportation de sperme congelé en France, en vue d’une insémination post-mortem en Espagne, CE, 31 mai 2016, n° 396 848.
Elle s’était également (et paradoxalement ?) montrée favorable à l’installation de crèches dans les mairies : « l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et plus généralement le principe de neutralité n’interdit pas d’installer des crèches sur le domaine public, sauf quand une ″intention religieuse″ préside à une telle manifestation », CE, 9 nov. 2016, n° 395 122.
« D’avocate du gouvernement, Aurélie Bretonneau en devient le juge », Jean-Sébastien Ferjou, X-Twitter, 20 mars 2025.
Sa nomination « renforce encore, dans le long terme, une vision idéologisée du droit en vue de subvertir encore plus notre constitution, sous prétexte de droits de l’homme, tout en dénaturant la souveraineté du peuple Français ! », Pierre Gentillet, X-Twitter, 20 mars 2025.
Normalienne puis élève de l’ENA, Aurélie Bretonneau est au cœur des réseaux du pouvoir depuis vingt ans. Membre du Conseil d’État et y ayant occupé des fonctions prestigieuses, elle est connue de tous et connaît la quasi-totalité des membres de la juridiction administrative. Ayant montré patte blanche et fait preuve de sa loyauté, elle a exercé les fonctions les plus sensibles au sein du Secrétariat général du gouvernement (SGG) en y étant chargée de la direction des services du Premier ministre. Elle est une figure clé des réseaux de pouvoirs, ceci explique sa nomination à la place stratégique de Secrétaire général du Conseil constitutionnel en mars 2025 ; Elle n’y est pourtant restée qu’un an. Son prédécesseur, Jean Maïa y était resté huit ans.
Reste maintenant à savoir qui lui succédera : nous attendons son ou sa remplaçant(e) avec une impatience non dissimulée.
Arrêté du 17 avril 2007 portant affectation aux carrières des élèves de la promotion 2005-2007 « République » de l’Ecole nationale de l’administration :
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000464035
https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CRP/conclusion/2016-05-31/396848?download_pdf
https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CRP/conclusion/2016-11-09/395122?download_pdf