Recevez nos actualités
Une veille citoyenne, au service de l’intérêt général. Recevez les enquêtes, alertes et pétitions de l'ODJ directement dans votre boîte mail.
Pas de spam. Fréquence mensuelle.
Nous soutenir autrement :
Une veille citoyenne, au service de l’intérêt général. Recevez les enquêtes, alertes et pétitions de l'ODJ directement dans votre boîte mail.
Pas de spam. Fréquence mensuelle.
Nous soutenir autrement :
Une veille citoyenne, au service de l’intérêt général.
Nous soutenir autrement :

La dernière fois que Christine a vu son fils c’était pour l’ accompagner au tribunal de Paris. Elle ignorait alors, que ce serait la dernière fois, qu’elle verrait son fils, vivant.
Voici son témoignage:
Pierre-Olivier Kleitz, adjudant-chef, infirmier de 33 ans, survivant héroïque d’une explosion de mine à Barkhane en 2020 a été décoré pour avoir soigné ses camarades malgré ses blessures. Il a été surnommé le héros de Barkhane.
Souffrant d’un stress post-traumatique attesté et suivi médicalement, il éprouvait cependant un fort sentiment de mission inachevée, pour avoir dû “laisser” ses camarades, en milieu de mission au Mali.
Il fait une demande pour repartir avec ses frères d’armes. En 2023, il est envoyé au Tchad. Agressé au scalpel par un soldat tchadien , au torse plusieurs fois, au cou et puis à l’arrière du crâne, il fait usage de son arme pour se défendre et sauver sa vie.
Les autorités locales ont alors reconnu la situation de légitime défense. Hospitalisé une semaine au Tchad, il est ensuite rapatrié en avion sanitaire en France, en septembre 2023.
Sans tarder, sa hiérarchie le suspend de ses fonctions au Service de Santé des Armées (SSA). Pendant tout ce temps, il n’aura quasiment aucun soutien de sa hiérarchie ni de ses camarades. Il sera lâché, déçu, à nouveau…
8 mois plus tard, le choc. En avril 2024, alors que Pierre-Olivier a retrouvé un poste d’infirmier civil, la justice française décide de le mettre en examen pour homicide volontaire.
Le traitement qui lui a été réservé a été celui d’un criminel, pas d’un soldat, décoré et blessé de guerre ayant servi son pays.
Il a dû subir une descente de police à 6h du matin avec 8 hommes en gilet pare-balles, mis sous menottes, une perquisition chez lui, une fouille dans sa voiture, tel un trafiquant!
Puis une garde à vue, menotté les mains dans le dos, un policier de chaque côté.
La juge des libertés et de la détention a exclu la détention provisoire. La juge d’instruction de l’époque ( TGI Paris) a alors lancé froidement “Le tribunal vous fait une fleur , soyez en digne”.
Ce à quoi Pierre-Olivier répondit, anéanti et laminé dans le box des accusés : « j’en serai digne ».
La mère de Pierre-Olivier précise que la dureté et le mépris furent tels que l’on pouvait vraiment douter de l’impartialité de cette juge.
Mais 10 jours après, par un revirement judiciaire choquant, le parquet fait appel: Pierre Olivier sera incarcéré en détention provisoire le 14 mai 2024 à Fresnes, pour meurtre. Il est placé à l’isolement, malgré son état psychique “sur le fil”. La prison est en grève ce jour-là (suite à l’évasion de Mohamed Amra). Il ne verra pas l’assistante sociale et ne sera pas mis en milieu protégé malgré des consignes écrites. En effet, le psychiatre ne suivra pas la consigne de le déplacer en milieu médicalisé.
Pierre-Olivier se sentait comme “un fusible, sacrifié entre deux États”. Il a fait une décompensation aiguë de son état de stress post-traumatique aggravée par le choc carcéral et s’est donné la mort dans sa cellule de la prison de Fresnes le 18 mai 2024. Soit seulement quatre jours après son incarcération, au cours de laquelle il n’avait pu parler à ses parents que quatre minutes au téléphone.
Dans le téléphone portable de Pierre-Olivier, Christine dit avoir trouvé quelques échanges évoquant, entre autres, un second tireur appartenant aux forces spéciales et qui aurait “fini le travail” , » abattu le tchadien ». Piste “taboue” confirmée pourtant, oralement au ministère de la Justice, en novembre 2025, par la magistrate représentant Mr Darmanin: “ Je confirme qu’il y avait bien un deuxième militaire qui a dû faire usage de son arme pour neutraliser la personne à terre afin d’ être sûr qu’il ne fasse pas plus de mal”. Et elle ajouta froidement devant les parents : “Quand on est accusé de meurtre, à tort ou à raison, on va en prison.” Son inhumanité et sa froideur ont été extrêmement blessantes pour eux.
Silence des camarades militaires, omerta totale. Plainte de Pierre-Olivier pour tentative de meurtre sur sa personne classée. Dossier éteint par décès…
L’avocat de la famille, Me Patrick Ramaël, se bat depuis des mois pour accéder au dossier d’instruction, ignoré jusqu’à présent malgré les demandes répétées!
Très récemment, le secrétariat de Mme la procureure de Paris a enfin envoyé un mail annonçant qu’une copie du dossier lui sera remise “d’ici peu”. Un espoir après tant d’opacité et de blocages.
Cette affaire met cruellement en lumière un système étatique et judiciaire qui abandonne, brise et maltraite non seulement ceux qui ont risqué ou perdu leur vie pour la Patrie mais aussi leur famille en leur cachant d’obscures raisons qui les font souffrir dans l’attente et l’incompréhension. La justice ne peut pas traiter des parents de cette façon!
L’Observatoire des Décisions de Justice soutient pleinement le combat de Christine Elion et de Michel Kleitz dans leur volonté de laver l’honneur de leur fils. Ils méritent d’avoir des explications transparentes et qu’une enquête rigoureuse permette enfin de faire toute la lumière sur cette tragédie.
“Je connais mon fils et j’ai la Foi. De toute façon, on fera tout pour le défendre, avec toute notre énergie. Lorsqu’on a perdu son enfant, d’autant plus dans de telles circonstances d’injustice, plus rien ne nous fait peur. L’état l’a abandonné…Nous, ses parents, jamais.”