L'analyse
Que retenir ?
Il s’agit d’une initiative inédite. En mai 2025, l’Italie et le Danemark avaient été vivement critiqués par la CEDH pour leur déclaration commune sur la jurisprudence migratoire. En 2026, la réponse est tout autre : la Déclaration de Chisinau a été adoptée à l’unanimité par les 46 États membres du Conseil de l’Europe. Une telle mobilisation politique sera difficile à ignorer pour la Cour.
Par ailleurs, l’Union européenne a adopté en avril 2024 son Pacte sur la migration et l’asile, dont les principales dispositions entreront en vigueur en juin 2026. Ce texte doit une grande partie de ses dispositions plus strictes (contrôle renforcé des frontières, filtrage obligatoire et procédures accélérées de retour) à la pression exercée par les conservateurs européens, notamment le groupe ECR.
Ce nouvel encadrement européen pourrait, lui aussi, contribuer à infléchir la jurisprudence de la CEDH. Les deux institutions, étroitement liées, partagent souvent une même lecture des enjeux et s’influencent mutuellement.
Plusieurs réformes de fond sont aujourd’hui évoquées pour rééquilibrer la jurisprudence de la CEDH :
Inscrire dans la Convention l’obligation pour les États de maîtriser les flux migratoires, objectif déjà doté d’une valeur constitutionnelle dans plusieurs pays européens
Réaffirmer clairement le principe de souveraineté nationale en matière de contrôle des frontières et de gestion de l’immigration
Imposer aux magistrats un contrôle de proportionnalité entre l’identité constitutionnelle nationale et les engagements européens, de manière à préserver les éléments fondamentaux de la souveraineté de chaque État (comme le fait déjà la Pologne).