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La complaisance de la justice envers l’extrême gauche

Le meurtre de Quentin Deranque par des antifas de la Jeune Garde a remis la question des liens entre l’extrême gauche et la justice au cœur de l’actualité. Si les affaires ne manquent pas pour consterner les Français et accréditer la thèse selon laquelle l’extrême gauche profiterait de la clémence de la justice, l’indignation s’essouffle rapidement après un scandale et le problème persiste. Ce meurtre devrait pourtant constituer un tournant dans le traitement médiatique comme judiciaire de la mouvance antifa, qui pendant des années a, de façon parfois étrange, bénéficié de largesses si ce n’est d’une certaine impunité pour commettre ses méfaits.

Près de deux mois après les faits, la justice continue pourtant d’envoyer des signaux ambigus : alors que plusieurs suspects proches de la Jeune Garde ont été mis en examen et placés en détention provisoire pour homicide volontaire, les enquêteurs ont procédé il y a quelques semaines à la saisie des téléphones portables de plusieurs plaignants et victimes dont des militants agressés juste avant le lynchage et des militantes de Némésis venues protéger leur banderole. Certains ont vu leur smartphone réquisitionné sur leur lieu de travail, avec demande expresse du code PIN. Deux témoins-victimes des violences antifascistes du 12 février ont même été placés en garde à vue dans le cadre d’une affaire de collage antérieure.

Ces perquisitions, confirmées après vérifications, contrastent avec la relative discrétion qui a longtemps entouré les exactions de l’ultragauche et interrogent une nouvelle fois sur l’équilibre de l’action judiciaire.

Un laxisme judiciaire structurel en faveur de l’extrême gauche

S’il est toujours aisé de construire un syllogisme à partir d’un exemple, qui pourrait permettre de démontrer que « les militants d’extrême gauche sont rarement jugés, or lorsqu’ils le sont les condamnations sont très légères, donc la justice est complaisante envers l’extrême gauche », force est de constater que de nombreux exemples peuvent être convoqués sur un laps de temps réduit et permettent ainsi de dégager une tendance.

Récemment, de nombreuses affaires tendent à créditer la thèse du laxisme judicaire en faveur de l’extrême gauche. L’antifa Romain Fargeaud, qui avait insulté et attaqué le porte-parole du RN à Rennes en mai 2024, a été condamné à un stage de citoyenneté et 1 375 euros de dommages et intérêts en février 2025 alors qu’il avait infligé quinze jours d’ITT (incapacité totale de travail) à sa victime ; les antifas rennais qui avaient lynché deux étudiants devant la faculté de droit en février 2025 ont été relaxés car les juges ont considéré que les images captées par le drone étaient inexploitables car hors-périmètre. Ils n’ont pas retenu le fait que les images avaient été prises en flagrance et que cette circonstance permet ainsi d’exploiter le drone en dehors de la limite fixée par la préfecture ; à Toulouse, le 18 avril 2025, huit militants d’extrême gauche affiliés à la mouvance autonome, dont Fiona Zemihi, une avocate du barreau de Toulouse, ont été jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour violation de domicile et dégradations : ils avaient squatté la maison d’un particulier. Durant le procès, les accusés sont restés aussi silencieux que durant leur garde à vue, ils ont nié et ont refusé de s’expliquer. Finalement, malgré les interpellations réalisées au domicile squatté, malgré les profils déjà connus pour leur militantisme d’extrême gauche, malgré le refus de se soumettre au relevé ADN, les militants d’extrême gauche ont été condamnés à… 1 000 euros d’amende avec sursis.

Le 19 avril 2024, deux militants de la Jeune Garde Lyon, ont lynché un sympathisant du RN qui sortait du métro et dérobé son téléphone portable. Après avoir tenté d’inventer une histoire qui ne tenait pas debout, les deux antifas ont reconnu les violences. Jugés en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) le 11 septembre 2025, ils ont été condamnés à six mois de prison avec sursis. Le caractère politique de l’agression n’a pas été retenu, ce qui réduit la gravité de leur condamnation en ôtant une circonstance aggravante.

Plus encore, la justice a accepté de ne pas faire figurer la condamnation dans le bulletin n°2 de leur casier judiciaire, ce qui signifie que lorsqu’un employeur leur demandera un extrait de casier judiciaire, celui-ci sera vide. Les deux prévenus ont exprimé leur désir de travailler dans la fonction publique et cette faveur leur permet de ne pas nuire à leur futur professionnel. L’un, ancien élève à l’ENS Lyon, a déjà travaillé en tant que professeur d’histoire et a exprimé durant la comparution son souhait de devenir CPE. L’autre a exprimé son désir de se mettre au service de l’écologie en travaillant à l’Agence de la transition écologique, l’ADEME. Pourtant, l’un d’eux serait un habitué des agressions. Le 3 octobre 2023, à Lyon, il avait agressé un militant de Génération Zemmour ; une vidéo existe, mais il n’a jamais été inquiété pour cette affaire.

Le 25 avril 2025, à Albi, deux identitaires du mouvement Patria Albiges ont été agressés par une dizaine d’antifas de l’AFA Tolosa. Lynchés par une dizaine de militants d’extrême gauche assoiffés de sang, le bilan est lourd pour les deux victimes : un identitaire est lynché à plusieurs reprises au sol et, en plus de nombreux hématomes sur tout le corps, il souffre d’une entorse à la cheville avec traumatisme crânien, tandis que l’autre verra son arcade être ouverte par un coup de poing américain, ce qui lui vaudra huit points de suture et un traumatisme crânien également. Les antifas, pour leur part, sont repartis directement à Toulouse après le lynchage. Seuls trois ont été jugés.

Il n’y a pas beaucoup de doute concernant leur implication dans l’agression étant donné qu’ils ont utilisé leur carte bancaire dans le bar où a eu lieu l’agression, que le gérant dudit bar avait identifié le groupe antifa, que leur téléphone a confirmé leur présence, que de la propagande antifa a été retrouvée à leur domicile, que deux des trois accusés ont été formellement reconnus par les deux identitaires agressés…Mais ils ont tout de même été relaxés en première instance, alors même que le parquet n’avait requis que six mois de prison avec sursis, c’est-à-dire rien qui puisse réellement bouleverser la vie quotidienne des agresseurs d’extrême gauche. Les juges estiment en effet qu’en l’absence de vidéos, il est impossible de déterminer qui a réellement porté les coups. Un procès en appel doit avoir lieu, ils demeurent donc présumés innocents…

Un dernier exemple particulièrement révélateur du traitement différencié réservé à l’extrême gauche concerne le domaine administratif et la question des squats.

Les squats d’extrême gauche pour beaucoup publics ou parfaitement identifiés par les autorités, bénéficient d’une tolérance étonnante. Les procédures d’expulsion sont généralement longues, incomplètes et souvent inefficaces : lorsqu’une expulsion est enfin ordonnée après plusieurs années, un nouveau squat est fréquemment ouvert dans la foulée, sans réelle sanction.

De nombreux squats occupés par des migrants clandestins sont organisés, soutenus ou « gérés » par des associations et collectifs d’extrême gauche (telles qu’Utopia 56, No Border, ou d’autres structures militantes). Des associations d’avocats engagés multiplient les recours, tandis que les militants se présentent parfois comme des « éducateurs  » ou des « travailleurs sociaux » pour compliquer l’intervention des forces de l’ordre.

Ces squats, souvent installés dans des bâtiments publics ou privés identifiés, bénéficient en effet d’une tolérance remarquable.

À l’inverse, dès qu’un squat est revendiqué par l’extrême droite, il est immédiatement neutralisé. On ne dénombre ainsi que deux cas notables ces dernières années : celui du Bastion Social à Lyon, évacué en moins de trois semaines, et celui de l’Alvarium à Angers, qui n’a pas dépassé un mois d’existence publique.

Cette indulgence n’est pas neutre. Elle traduit une mentalité largement répandue chez une partie de la magistrature, qui tolère, voire comprend, l’occupation illégale lorsqu’elle est le fait d’associations ou de collectifs d’extrême gauche. Sous couvert de « précarité », de « lutte contre le logement vide » ou de « causes justes », ces juges appliquent une lecture idéologique des litiges : ce qui est condamnable quand cela vient de l’extrême droite devient excusable, voire légitime, quand cela émane de la gauche militante.

On voit ainsi des juridictions temporiser ou refuser des expulsions sous prétexte de « préserver l’intérêt des enfants » ou de « ne pas aggraver la précarité » des occupants, alors même que le Conseil constitutionnel a rappelé dès 1998 que la protection de la propriété privée s’impose aux pouvoirs publics.

Le rôle du juge n’est pas de mener une politique sociale par défaut ni de substituer sa propre vision idéologique à la loi. En tolérant systématiquement l’illégalité lorsqu’elle est commise par des militants ou des associations gauchistes, une partie de la justice alimente le sentiment d’une justice à géométrie variable et inverses dangereusement les responsabilités : le propriétaire légitime devient le coupable, et le squatteur le « victime » d’un système qu’il bafoue pourtant ouvertement.

Il convient évidemment de respecter la singularité des procédures, la complexité des dossiers et le profil particulier des prévenus dans toutes les affaires citées ( liste non exhaustive) mais tous ces exemples de laxisme judiciaire bénéficiant à l’extrême gauche ne sont pas contrebalancés par d’autres exemples qui pourraient infirmer la thèse selon laquelle il existe une complaisance structurelle de la justice envers l’extrême gauche.

Des affaires classées sans suite qui posent question

Au-delà des condamnations complaisantes, il existe de nombreuses affaires où des militants d’extrême gauche ont été identifiés mais, pour des raisons inexpliquées, il n’y a jamais eu d’enquête poussée ni de procès. Ces affaires non-jugées, qui passent donc sous les radars, ne doivent pas être éludées mais intégrées dans l’analyse car elles constituent des preuves supplémentaires d’une complaisance de la justice envers l’extrême gauche.

Depuis le meurtre de Quentin, la figure de Jacques-Élie Favrot, militant de la Jeune Garde Lyon et assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, est au cœur de l’actualité. Avant que les Français ne découvrent Jacques-Élie Favrot pour son implication directe ou indirecte dans le meurtre d’un opposant politique, cet individu avait pourtant multiplié les méfaits, aussi bien à Lyon qu’à Saint-Étienne, sur le campus délocalisé de Sciences Po Lyon. Il est mentionné dans un rapport de police selon lequel il aurait participé à l’agression en réunion d’un militant nationaliste à la gare de Lyon Perrache en 2024 alors qu’il attendait initialement l’arrivée de Raphaël Arnault. Le rapport mentionne également qu’il a directement porté les coups.

Des plaintes ont également été déposées à l’encontre de Jacques-Élie Favrot par des étudiants stéphanois qui auraient été intimidés, insultés et bousculés par l’antifa de la Jeune Garde. À cette époque, les victimes ne connaissaient pas le nom de leur agresseur, c’est pourquoi les plaintes ne mentionnent pas explicitement son nom mais uniquement un pseudo ou ses initiales « Jef ». Or, ces plaintes ont été tellement négligées que Jacques-Élie Favrot, cadre de la Jeune Garde désormais connu dans toute la France, était inconnu des services de police dans le département de la Loire avant le meurtre de Quentin.

Concernant la Jeune Garde, une soixantaine d’agressions sont documentées (dans les faits, c’est sûrement beaucoup plus), pourtant il y a moins de cinq condamnations qui peuvent être recensées, dont l’une concerne le député Raphaël Arnault par ailleurs. Il y a probablement eu plus de condamnations, mais au privilège judiciaire s’ajoute le privilège médiatique qui permet de les passer sous silence.

Les plaintes classées sans suite pour des attaques d’extrême gauche s’étalent sur des années. En novembre 2019, à Rennes, des militants d’extrême gauche cagoulés ont attaqué un bar du centre-ville dans lequel se tenait une réunion du magazine conservateur L’Étudiant libre. Les antifas avaient assailli la terrasse en jetant des bouteilles en verre et de l’acide. Un participant à la réunion avait été brûlé à l’œil (celui-ci a été sauvé grâce à sa paire de lunettes), tandis que des personnes étrangères à la réunion avaient également été prises pour cible étant donné que le l’établissement n’avait pas été privatisé. L’attaque avait été filmée, des plaintes avaient été déposées, une enquête avait été ouverte. En dépit des informations mises à disposition des enquêteurs par les antifas, notamment via des canaux peu sécurisés sur internet, informations qui indiquaient par exemple que les agresseurs s’étaient préparés au bar Le Papier timbré, ce qui permettait également de savoir l’itinéraire qu’ils avaient emprunté pour attaquer, ou qui indiquaient également quelles sont les personnes qui avaient monté l’affaire en épingle et encouragé une attaque physique. Malgré ce faisceau d’indices, il n’y a jamais eu d’enquête, aucune interpellation et donc, fatalement, aucune condamnation.

Plus récemment, en novembre 2025, un membre de la Cocarde étudiante a été agressé dans les couloirs de la faculté de Nancy. Il a été attaqué par derrière par un individu cagoulé et équipé de gants coqués, qui a utilisé une gazeuse dont le contenu était dans un premier temps inconnu. Les pompiers ont dû intervenir afin de traiter le gaz qui avait été utilisé par l’agresseur. S’il s’agissait vraisemblablement d’une bombe lacrymogène et que la victime n’a pas de séquelles, l’antifa, qui avait pris immédiatement la fuite, n’a jamais été inquiété. La présidence de l’université n’a jamais évoqué cette agression politique et les médias non plus. L’enquête, quant à elle, est restée lettre morte.

Au plus haut niveau, plusieurs élus LFI ont bénéficié d’une indulgence similaire. La présidente du groupe LFI à l’Assemblée, Mathilde Panot, et l’eurodéputée Rima Hassan ont été entendues dans des enquêtes pour apologie du terrorisme après des propos tenus sur le Hamas et le conflit au Proche-Orient. Les plaintes ont été classées sans suite ou ont connu une lenteur suspecte. D’autres figures du parti, comme le député Thomas Portes, ont vu des procédures pour des faits similaires s’éterniser sans issue rapide.

Le complaisance de la justice, loin de se réduire au laxisme en matière de condamnation, commence par l’obstruction des enquêtes et leur classement sans suite. En effet, quand les enquêtes ne sont pas approfondies, quand les auteurs identifiés ne sont pas poursuivis avec rigueur, la violence d’extrême gauche semble bénéficier d’une forme d’impunité structurelle qui commence bien avant le verdict.

Cette mansuétude contraste avec la célérité judiciaire observée pour des propos ou des actes beaucoup moins graves provenant d’autres horizons politiques.

Une complaisance qui ne s’applique pas au camp politique opposé

La justice semble appliquer un deux poids, deux mesures flagrant dans la répression des violences politiques selon qu’elles proviennent de groupuscules d’extrême gauche ou d’extrême droite.

En effet, d’un côté, pour de simples actions symboliques et non violentes, la répression est immédiate et sévère. Ainsi, plusieurs militants identitaires des Natifs ont été interpellés manu militari, placés en garde à vue et rapidement audiencés en comparution immédiate pour avoir déployé une banderole commémorative au Trocadéro (« Bataclan, 10 ans après, l’ennemi est toujours là ») ou pour avoir réalisé des pochoirs « Justice pour Lola » sur le trottoir. Des gestes purement politiques et pacifiques ont donc valu à ces militants des procédures judiciaires expéditives, dignes des plus graves affaires de droit commun.

De même, la justice mobilise des moyens exceptionnels : enquêtes approfondies par la SDAT (Sous-direction anti-terroriste), perquisitions, multiples vagues d’interpellations, détentions provisoires, contrôles judiciaires stricts et expertises psychiatriques, contre des militants d’extrême droite. Ce fut notamment le cas pour une attaque menée en février 2025 par environ vingt-cinq militants d’extrême droite à Paris, qui s’était soldée par l’agression d’un individu proche de la Jeune Garde, qui avait reçu trois jours d’ITT. Ces violences, bien qu’inacceptables et condamnables, ont donné lieu à un déploiement de moyens dignes d’affaires de terrorisme ou de criminalité organisée.

Et à l’inverse, face à des actes graves commis par des militants d’extrême gauche ou écologistes radicaux comme les Soulèvements de la terre, la justice s’est montrée particulièrement clémente. Ce collectif a pourtant été impliqué dans des manifestations très violentes, notamment à Sainte-Soline en 2022-2023, avec des affrontements causant des centaines de blessés (dont de nombreux gendarmes gravement touchés) ainsi que d’importantes dégradations, des intrusions et des sabotages répétés.

Malgré des violences sur des personnes dépositaires de l’autorité publique, des dégradations sur les véhicules des forces de l’ordre, des jets de cocktail molotov, des violations de propriétés privées, des participations à des manifestations non-déclarées, seulement une petite dizaine de militants d’extrême gauche tout au plus ont été poursuivis pour avoir participé aux violences de Sainte-Soline. Ces quelques arrestations sur des milliers de manifestants ont été très peu médiatisées et jamais les enquêteurs n’ont cherché à interpeller davantage de personnes afin de détruire les capacités de mobilisation de l’extrême gauche. Les enquêtes restent limitées, sans mobilisation massive de ressources antiterroristes ni arrestations en masse.

La tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre en 2023 a été annulée par le Conseil d’État le 9 novembre 2023, estimant que les éléments apportés par le gouvernement n’étaient pas suffisants pour justifier une mesure aussi grave. Ce revirement contraste fortement encore avec la rapidité et la fermeté dont fait preuve le même Conseil d’État lorsqu’il s’agit de dissoudre des groupuscules d’extrême droite, souvent pour des faits bien moins lourds.

Les quelques mouvements d’extrême gauche qui sont visés par un processus de dissolution parviennent régulièrement à faire annuler la procédure devant le Conseil d’État. C’était le cas des Soulèvements de la Terre mais également de la Défense Collective, un groupuscule antifa rennais qui, si les enquêteurs avaient approfondi leurs recherches, aurait été mis en cause dans l’attaque de L’Étudiant libre évoquée dans la deuxième partie.

C’est actuellement le cas de la Jeune Garde, dissoute par décret du 12 juin 2025 pour « agissements violents contre les personnes » et « provocations suivies d’effets », après un bilan documenté de plus de cinquante agressions entre 2019 et 2025. Malgré ce lourd passif, dont des condamnations de membres et le lien direct avec le meurtre de Quentin Deranque, le groupuscule a formé un recours en annulation devant le Conseil d’État, soutenu par la Ligue des droits de l’Homme et le Gisti ( Groupe d’informations et de soutien des immigrés). L’audience, initialement prévue en février 2026, a été reportée avant d’être finalement fixée au 3 avril 2026. Cette lenteur et cet attentisme judiciaire interrogent d’autant plus que le profil des rapporteurs publics chargés de l’instruction soulève de sérieux doutes sur l’impartialité de la justice administrative : l’une d’entre elles a exercé comme conseillère auprès de Françoise Nyssen et directrice des affaires juridiques à la mairie de Paris sous Anne Hidalgo, tandis qu’une autre, Charline Nicolas, est adjointe au maire socialiste de Pantin. Ces ancrages à gauche, dans un dossier hautement politique impliquant un groupuscule d’ultragauche cofondé par le député LFI Raphaël Arnault, fragilisent forcément la perception de neutralité du Conseil d’État et illustrent une nouvelle fois cette mansuétude structurelle dont bénéficie l’extrême gauche.

Cette différence de traitement, qui revient à minimiser voire à justifier les violences d’extrême gauche, renforce l’idée d’une partialité idéologique au sein même du système judiciaire. Une perception partagée par une majorité de Français, comme l’indique un sondage récent où 64 % estiment que la justice n’est pas impartiale, avec des disparités marquées selon les orientations politiques.

Une complaisance qui s’explique par des liens idéologiques entre de nombreux magistrats et la gauche extrême

Le laxisme judiciaire est la suite logique du laxisme politique et médiatique. Il est le point final d’un processus plus global qui permet aux militants d’extrême gauche de jouir d’un sentiment d’impunité et de renouveler indéfiniment leurs méfaits. Il ne convient pas de dire que les antifas sont sciemment complices du « système » et qu’ils travaillent main dans la main avec l’État, car tout révolutionnaire, qu’il soit d’extrême droite ou d’extrême gauche et qui vise sincèrement à abattre le régime en place et à combattre les personnes qui dominent l’État est par définition ennemi de cet État. Toutefois, les autorités peuvent utiliser leurs ennemis comme des pions afin de mieux se prémunir d’autres dangers. Les antifas, en s’attaquant à l’opposition et en sabotant les mouvements sociaux avec une violence souvent tolérée par l’État, incarnent une forme d’opposition extrémiste utile au pouvoir dans les moments difficiles.

Phénomène des plus inquiétants, il est frappant de constater, à travers de nombreuses affaires, une mentalité « antiflic » largement répandue chez certains magistrats. Parfois même ouvertement assumée par une partie de la magistrature. Il n’est pas rare que des juges privilégient la parole de l’agresseur au détriment de celle des policiers blessés, en invoquant de prétendues « imperfections procédurales » ou un « doute » systématique au bénéfice de l’accusé. Dans ce type de décisions, le témoignage d’un fonctionnaire de police agressé est souvent minimisé, voire considéré comme moins crédible que celui de son agresseur, inversant presque les rôles et envoyant un message clair : la parole d’un policier blessé vaut moins que celle de celui qui l’a attaqué.

Cette attitude n’est pas le fruit du hasard : elle reflète bien une mentalité propre à l’extrême gauche anticarcérale et laxiste, qui considère souvent les forces de l’ordre comme l’ennemi principal et voit dans le délinquant une victime du « système » plutôt qu’une personne responsable de ses actes.

Dans l’affaire Quentin Deranque, le Syndicat de la magistrature s’est une nouvelle fois illustré par un communiqué révoltant : il y mentionne à trois reprises l’« extrême droite » tout en occultant totalement l’extrême gauche et les antifas, pourtant directement impliqués dans la mort du jeune homme. Loin de condamner sans ambiguïté les violences d’ultragauche, ces agressions en meute, masqués et souvent impunies, le syndicat préfère instrumentaliser le drame pour dénoncer « les digues qui cèdent face à la montée des idées fascistes dans l’indifférence générale ». En guise de conclusion, au lieu d’exiger que la justice fasse enfin son travail en condamnant fermement les meurtriers, ce syndicat d’extrême gauche se contente d’annoncer qu’il « continuera de dénoncer les compromissions face au danger que représente l’extrême droite » et s’inquiète de « l’effacement croissant des garants de la démocratie ».

Ce texte révèle une idéologie militante qui disqualifie toute prétention à l’impartialité de la part de ces magistrats : en refusant de nommer la violence réelle et les véritables responsables qui ont tué Quentin, en minimisant un lynchage politique et en retournant l’accusation contre les victimes potentielles, le Syndicat de la magistrature trahit la justice et sape la confiance qu’elle est censée inspirer.

Les dernières actualités de l’affaire confirment ce déséquilibre saisissant. Près de deux mois après les faits, le député LFI Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde dissoute, a choisi de rompre son silence le 1er avril 2026 dans un long entretien accordé au média Blast. Dans cette interview où il joue (très) mal la victime, il affirme vouloir « poursuivre son mandat de député », dénonce une instrumentalisation politique visant à « éteindre la gauche » et minimise son rôle dans la mouvance qui a conduit au lynchage mortel, tout en évoquant des « menaces de mort » et une « peur affreuse que la violence s’embrase ».

Ce retour s’est effectué dans une indifférence quasi générale : ni la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui a déclaré  » Tout s’est bien passé », ni la plupart des députés des autres groupes, ni la grande majorité des médias n’ont exprimé la moindre critique ou exigé la moindre explication. Un silence assourdissant qui confine au scandale!

En parallèle, le mari de l’organisatrice de la marche blanche en hommage à Quentin Deranque, Aliette Espieux, a été placé en détention provisoire pour avoir participé à l’hommage en mémoire de son ami assassiné et pour avoir accompagné son épouse enceinte lors de ce rassemblement pacifique, en violation de son contrôle judiciaire.

Un débat qui dépasse nos frontières nationales

Le 11 mars 2026, le Parlement européen a consacré une séance plénière entière à ”la montée de la violence politique, notamment de la part des organisations d’extrême gauche” . À l’initiative du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR), soutenu par plusieurs élus de droite, des eurodéputés ont dénoncé avec force la minimisation systématique dont bénéficient ces violences dans le débat public et médiatique, ainsi que l’impunité relative dont jouit trop souvent la mouvance antifa sur le continent.

Plusieurs intervenants ont pointé du doigt le caractère structuré et récurrent de ces agressions en meute, souvent commises par des groupes masqués et organisés, et ont appelé à une réponse ferme et coordonnée au niveau européen. Ils ont notamment exigé un renforcement de la coopération entre les polices nationales et Europol, une meilleure identification des réseaux impliqués, et pour certains, l’inscription des organisations antifascistes les plus violentes sur la liste européenne des organisations terroristes. 

L’extrême gauche tue : l’impunité doit cesser

Le meurtre de Quentin Deranque, loin d’être un fait divers isolé, agit donc comme un révélateur brutal. Près de deux mois après le drame, neuf suspects issus de l’ultragauche lyonnaise ont été mis en examen, dont plusieurs écroués. Ces mises en examen confirment le caractère organisé et récurrent des agressions menées par la mouvance antifa, et rappellent une réalité trop longtemps occultée : l’extrême gauche tue.

L’horreur a même franchi un nouveau palier avec une horrible fresque peinte par des antifas à Paris qui célèbre ouvertement le meurtre de Quentin Deranque, transformant un lynchage en acte héroïque. Cette apologie ignoble du crime, laissée en place sans réaction ferme des autorités, constitue le point culminant de cette culture de la haine à laquelle on permet tout. Par lâcheté des uns et complicité des autres.

La droite, du RN à LR en passant par Reconquête, a unanimement appelé à juguler la menace antifa, exigeant la dissolution effective des groupes violents et la fin de l’impunité dont ils bénéficient depuis trop longtemps.

Tant que la justice française continuera à appliquer un deux poids, deux mesures selon l’origine idéologique des violences, le cycle des agressions et de l’impunité se répétera.

Le temps des demi-mesures et des euphémismes est révolu : nommer la violence pour ce qu’elle est, la sanctionner avec la même rigueur quelle que soit sa couleur politique, constitue aujourd’hui une exigence démocratique élémentaire.

Sans cette fermeté retrouvée, l’impunité dont bénéficie l’ultragauche ne fera que nourrir de nouveaux drames.

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Observatoire des Décisions de Justice

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