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      La complaisance de la justice envers l’extrême gauche

      Le meurtre de Quentin Deranque par des antifas de la Jeune Garde a remis la question des liens entre l’extrême gauche et la justice au cœur de l’actualité. Si les affaires ne manquent pas pour consterner les Français et accréditer la thèse selon laquelle l’extrême gauche profiterait de la clémence de la justice, l’indignation s’essouffle rapidement après un scandale et le problème persiste. Ce meurtre devrait pourtant constituer un tournant dans le traitement médiatique comme judiciaire de la mouvance antifa, qui pendant des années a, de façon parfois étrange, bénéficié de largesses si ce n’est d’une certaine impunité pour commettre ses méfaits.

      Près de deux mois après les faits, la justice continue pourtant d’envoyer des signaux ambigus : alors que plusieurs suspects proches de la Jeune Garde ont été mis en examen et placés en détention provisoire pour homicide volontaire, les enquêteurs ont procédé il y a quelques semaines à la saisie des téléphones portables de plusieurs plaignants et victimes dont des militants agressés juste avant le lynchage et des militantes de Némésis venues protéger leur banderole. Certains ont vu leur smartphone réquisitionné sur leur lieu de travail, avec demande expresse du code PIN. Deux témoins-victimes des violences antifascistes du 12 février ont même été placés en garde à vue dans le cadre d’une affaire de collage antérieure.

      Ces perquisitions, confirmées après vérifications, contrastent avec la relative discrétion qui a longtemps entouré les exactions de l’ultragauche et interrogent une nouvelle fois sur l’équilibre de l’action judiciaire.

      Un laxisme judiciaire structurel en faveur de l’extrême gauche

      S’il est toujours aisé de construire un syllogisme à partir d’un exemple, qui pourrait permettre de démontrer que « les militants d’extrême gauche sont rarement jugés, or lorsqu’ils le sont les condamnations sont très légères, donc la justice est complaisante envers l’extrême gauche », force est de constater que de nombreux exemples peuvent être convoqués sur un laps de temps réduit et permettent ainsi de dégager une tendance.

      Récemment, de nombreuses affaires tendent à créditer la thèse du laxisme judicaire en faveur de l’extrême gauche. L’antifa Romain Fargeaud, qui avait insulté et attaqué le porte-parole du RN à Rennes en mai 2024, a été condamné à un stage de citoyenneté et 1 375 euros de dommages et intérêts en février 2025 alors qu’il avait infligé quinze jours d’ITT (incapacité totale de travail) à sa victime ; les antifas rennais qui avaient lynché deux étudiants devant la faculté de droit en février 2025 ont été relaxés car les juges ont considéré que les images captées par le drone étaient inexploitables car hors-périmètre. Ils n’ont pas retenu le fait que les images avaient été prises en flagrance et que cette circonstance permet ainsi d’exploiter le drone en dehors de la limite fixée par la préfecture ; à Toulouse, le 18 avril 2025, huit militants d’extrême gauche affiliés à la mouvance autonome, dont Fiona Zemihi, une avocate du barreau de Toulouse, ont été jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour violation de domicile et dégradations : ils avaient squatté la maison d’un particulier. Durant le procès, les accusés sont restés aussi silencieux que durant leur garde à vue, ils ont nié et ont refusé de s’expliquer. Finalement, malgré les interpellations réalisées au domicile squatté, malgré les profils déjà connus pour leur militantisme d’extrême gauche, malgré le refus de se soumettre au relevé ADN, les militants d’extrême gauche ont été condamnés à… 1 000 euros d’amende avec sursis.

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      Observatoire des Décisions de Justice

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