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Le 31 mai 2025, un jeune chauffard de 19 ans renverse violemment quatre membres d’une famille à Grenoble, provoquant de graves blessures. Malgré les faits, il est condamné le 25 août à 12 mois de prison avec sursis et pourra repasser son permis dans un mois1. Cette décision, symbole d’une indulgence incompréhensible, n’est pas un cas isolé. Plusieurs affaires récentes, largement médiatisées, révèlent une véritable tendance structurelle au laxisme judiciaire.
Dans cette affaire, le tribunal reconnaît que le conducteur a roulé à vive allure sur des voies de tram, fauchant une mère, ses deux fils jumeaux et une nièce. Les experts établissent une vitesse comprise entre 34 et 45 km/h et des traces d’usage intensif du drift sur les pneumatiques. Pourtant, le profil « inséré » du prévenu semble avoir pesé davantage que le préjudice subi par les victimes. Cette décision suscite l’interrogation : en valorisant le potentiel d’avenir de l’auteur plutôt que la gravité des blessures, la justice donne l’image d’un système où la responsabilité personnelle s’efface derrière des considérations subjectives.
Cet exemple typique du laxisme judiciaire français n’est malheureusement que le suivant d’une longue liste dont voici quelques illustrations emblématiques :
En septembre 2024, un migrant tunisien, visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et déjà connu au TAJ pour viols, vols, violences aggravées et trafic de stupéfiants, est libéré du centre de rétention administrative (CRA) de Nîmes pour raisons médicales2. Le parquet ne s’oppose pas à cette remise en liberté, aucune assignation à résidence n’est prononcée et aucun suivi n’est mis en place. Quelques semaines plus tard, il est recherché pour enlèvement, séquestration et viol. Cette affaire montre bien une double défaillance : la difficulté chronique et bien connue à faire exécuter les OQTF et la sous-évaluation manifeste de la dangerosité d’individus multirécidivistes de la part de trop nombreux juges nourris par l’esprit de la « défense sociale nouvelle » qui irrigue le code pénal depuis les années 1990.
À Ivry-sur-Seine, à Noël 2024, deux Algériens -sous OQTF également- sont interpellés en flagrant délit de cambriolage d’une pharmacie3. Les faits sont établis : aveux, objets dérobés retrouvés, outil d’effraction saisi. Malgré ce dossier solide, le parquet classe l’affaire sans suite en invoquant le caractère « mineur » du vol et l’absence de places en CRA pour procéder à leur rétention. Cette décision, qui laisse libres deux récidivistes identifiés, nourrit de toute évidence le constat d’une justice paralysée par ses propres contraintes matérielles au détriment de la protection des citoyens.
À Orange, le 20 août 2025, un mineur de 17 ans né en Algérie est arrêté pour trafic de stupéfiants4. Il avait déjà été condamné pour des faits similaires, placé sous contrôle judiciaire et frappé d’une interdiction de territoire dans le département par le passé.
Malgré la récidive, la justice se contente simplement de fixer une nouvelle date d’audience en septembre prochain… Cette réponse symbolique -et déjà signalée par l’Observatoire5– montre la limite d’un système incapable d’assurer le respect effectif de ses propres décisions.
À Saint‑Gilles, dans le Gard, un homme de nationalité marocaine âgé de 51 ans, reconnu coupable d’incendie volontaire à plusieurs reprises et notamment en juillet dernier, a été condamné à un simple sursis probatoire, sans prononcé d’expulsion, ni de mesure préventive6. Malgré un profil judiciaire inquiétant (récidiviste notoire), le tribunal a opté pour une peine non privative de liberté, sans considérer les risques qu’il continuait de représenter pour la population. Ce traitement clément remet en cause la capacité de la justice à sanctionner avec fermeté des récidives d’infractions graves et attise logiquement l’incompréhension des citoyens quant à ses priorités.
Pris isolément, chacun de ces dossiers peut sans doute trouver une justification circonstancielle et technique : sursis lié à l’absence d’antécédents, libération motivée par des raisons médicales, classement pour manque de places en CRA, contrôle judiciaire conforme à la procédure. Mais, assemblés et rapprochés, ils dessinent et révèlent une tendance inquiétante : la gravité des faits passe souvent au second plan. Trois mécanismes principaux apparaissent :
Ces mécanismes dessinent les contours d’une justice dont les priorités sont de plus en plus éloignées des attentes légitimes des citoyens. Ces affaires ne sont pas de simples dysfonctionnements isolés : elles traduisent un laxisme judiciaire devenu « systémique ». Lorsque des conducteurs gravement imprudents échappent à la prison, que des multirécidivistes sous OQTF sont relâchés sans suivi, que des flagrants délits sont classés sans suite et que les interdictions de territoire restent lettre morte, la justice perd sa capacité d’assurer la sécurité des citoyens et de dissuader la récidive chez les criminels et délinquants.
Les Français ne s’y trompent pas : ce décalage alimente une crise de confiance profonde. Lorsqu’une institution censée protéger les victimes semble privilégier les auteurs, c’est le contrat social lui-même qui se fragilise, au point de ne plus lui faire confiance pour la majorité d’entre eux7…