L'analyse
Récemment, certaines décisions de JLD ont choqué l'opinion publique.
Le meurtrier de Philippine Le Noir de Calan était un marocain sous OQTF et déjà condamné pour viol. Après une peine exécutée en France, il fut placé en CRA (centre de rétention administrative) en attente de laissez-passer diplomatique ; mais cela n’a pas empêché un JLD de le libérer en dépit « d’un risque de réitération des faits délictueux » selon les propres mots du juge.
Concernant le meurtre de Thomas Perotto à Crépol en 2023, le code de procédure pénale, disposant qu’une détention provisoire ne peut pas durer plus de deux ans pour un mineur, a entrainé la libération, cette année, d’un des suspects placé en détention provisoire en novembre 2023.
Ces deux exemples montrent à différentes échelles comme les problématiques liées aux pouvoirs du JLD (dans certains cas du juge d’instruction, notamment pour la levée de la détention) ou encore aux règles applicables à la détention provisoire.
A l’Observatoire des décisions de justice nous voyons des éléments indispensables à réformer :
Dans le cadre de la rétention en CRA (centre de rétention administrative), un prolongement au-delà de 90 jours est indispensable. Le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition en août 2025 ( Retrouvez notre dossier consacré au Conseil constitutionnel ici : https://observatoire-justice.org/nos-dossiers-2/ ) mais en prenant en compte les motifs exprimés par ce dernier, il faudra revenir à cette mesure impérieuse concernant la rétention des étrangers en situation irrégulière.
Pour les mineurs entre 16 et 18 ans, la détention provisoire ne doit plus être l’exception de dernier recours, surtout en cas de crimes graves, le JLD doit pouvoir prolonger leur détention. Les enfants de 1945 ne sont plus ceux de 2025, abaisser la majorité pénale à 16 ans est une mesure de bon sens. La justice pénale des mineurs est un énorme chantier à entreprendre. Des mineurs de 16-18 ans, capables de tuer, violer ou torturer, doivent être jugés et sanctionnés comme des majeurs (sans atténuation systématique).
Instaurer un référé-détention renforcé : suspension automatique et immédiate par le président de la chambre de l'instruction des libérations du JLD pour infractions graves, crimes, terrorisme, récidive. Prolongeable jusqu’à 15 jours (et non plus 3 comme actuellement) si risque manifeste pour la sécurité publique.
Il est urgent de réformer en profondeur le rôle du juge des libertés et de la détention, trop souvent influencé par la culture de l’excuse, laxiste et anti-carcérale, qui privilégie les droits des délinquants au détriment de la sécurité des Français.
Trop de juges trouvent des excuses aux criminels au lieu de protéger les victimes : la justice doit redevenir dissuasive, répressive et protectrice.